Nautisme au Maroc

Conseils d’un Capitaine de Vaisseau pour prendre la mer par mauvais temps en toute sécurité

Les intempéries et le mauvais temps sont des problèmes auxquels tous les marins devront faire face ; non seulement pendant un certain temps, mais à plusieurs reprises. Pour cela, tout capitaine a besoin d’un niveau de base d’habileté et de compétence pour prendre la mer par mauvais temps en toute sécurité. Cependant, si vous êtes pris par mauvais temps, vous aurez besoin de compétences opérationnelles avancées pour retourner à quai en toute sécurité.

Alors, saviez-vous capitaine comment réduire la gîte et le tangage contre les intempéries – sans risquer ? Quelle mesure pouvez-vous opter pour renforcer la confiance de votre équipage par mauvais temps ? Découvrez les conseils d’un EX-Capitaine de vaisseau pour prendre la mer par mauvais temps !

Le pire ennemi du marin, ce n’est pas la tempête qui fait rage ; ce n’est pas la vague écumante qui s’abat sur le pont, emportant tout sur son passage ; ce n’est pas le récif perfide caché à fleur d’eau et qui déchire le flanc du navire ; le pire ennemi du marin, c’est l’alcool ! Hergé

Conseils avant l’appareillage

Avant même d’en arriver à ce que vous allez faire en mer, vous devez vous assurer que votre bateau est bien entretenu. Cela signifie passer en revue le matériel de sécurité : lignes de vie, gilets et longes, pharmacie, feux à main, fusées parachutes et fumigène s’il y en a, état du mouillage, bout de remorquage, fixation du radeau de survie et procédure de mise à l’eau, matériel de communication, pompes de cales électriques et manuelles, extincteurs, jeu de pinoches et que vous avez tout le matériel d’urgence à bord.

Vérifiez la météo avant de prendre la mer par mauvais temps

De plus, vérifiez la météo les jours où vous prévoyez de sortir, mais sachez que cela peut ne pas être exact. Votre radio VHF doit également avoir une station météo. L’un des éléments clés du contrôle de votre bateau et de votre équipage par mauvais temps est d’être prêt à tout. Cela signifie avoir votre bateau gréé afin que vous puissiez accéder à tout ce dont vous avez besoin en peu de temps.

Prévenir éventuellement les proches et le sémaphore le plus proche de votre situation en vue d’une surveillance radio à titre préventif.

Conseils de mesures de sécurité en naviguant par mauvais temps

Savoir comment gérer ces conditions qui sont loin d’être idéales est une partie essentielle de la vie en mer. Vous trouverez ci-dessous quelques mesures de sécurité pour vous préparer de prendre la mer par mauvais temps ; depuis le moment où vous quittez le port jusqu’au moment où vous êtes au milieu de la tempête.

  • Arrimez les objets pouvant être transformés en projectiles et de retirer tous les éléments susceptibles d’augmenter la prise au vent (voile, tauds, bôme, éolienne, manches à air, etc.) ;
  • Rangez tout ce qui peut bouger à bord, dans la cabine et à l’extérieur dans des rangements sécurisés ;
  • Vérifiez que tous les hublots et panneaux de pont sont bien fermés pour éviter que votre bateau ne prenne l’eau ;
  • N’oubliez pas de vous équiper et votre équipage d’un gilet de sauvetage et de harnais de sécurité. La sécurité est avant tout ;
  • Sécurisez tout le matériel libre et assurez-vous que votre équipement d’urgence est à portée de main afin que vous puissiez l’atteindre facilement ;
  • Si vous êtes à proximité des côtes; éloignez-vous et veillez à ce que le bateau ne soit pas poussé vers le rivage ;
  • N’oubliez pas d’avoir un contact à terre que vous tenez au courant de votre situation.

Une fois que vous avez suivi toutes ces mesures, vous avez fait tout ce que vous pouvez avant de rencontrer le mauvais temps. Le travail est cependant loin d’être terminé ; une fois que le vent et les vagues vous rattrapent, vous aurez beaucoup à faire pour affronter le mauvais temps.

Conseils pour prendre la mer par mauvais temps

Lorsque vous et votre équipage êtes prêts à prendre la mer par mauvais temps ou la période de gros temps, procédez comme suit :

  • Élaborez calmement un plan pour savoir où naviguer sur le bateau par mauvais temps. Garder le calme permet d’être plus réactif et plus rapide. Communiquez votre plan d’action à vos équipages ;
  • Face à une vague se dirigeant vers votre bateau, il faut se dire que l’on a deux choix : battre en arrière le plus rapidement possible ou affronter la vague de face !
  • Pour faire le choix de fuir ou affronter la vague, il faut rapidement analyser la situation en identifiant le type de vague, les limites de votre bateau, vos capacités à gérer la situation et un éventuel plan de sortie ;
  • Lorsque le vent forcit, la base consiste à réduire la voilure. Soit en prenant un ou plusieurs ris, soit en changeant directement les voiles pour des voiles de gros temps ;
  • Pour continuer dans l’anticipation, préparez aussi vos bosses de ris dans l’éventualité d’une prise de ris supplémentaire pour garder le bateau équilibré ;

Cris de mouette, signe de mauvais temps

  • Si les conditions deviennent drastiques, avec le vent trop puissant même pour une voile risée et un cap serré, il est temps de démonter toutes les voiles et de les sécuriser. Ce n’est que par gros temps, alors ne faites pas cette étape sauf si vous y êtes obligé. Si vous n’êtes pas à l’aise, descendez les voiles et faites le moteur.
  • Barrer avec les vagues permet de ne pas user le bateau et l’équipage, de ne pas prendre les vagues de plein fouet. Au près, le barreur doit abattre en montant sur la vague avant de lofer arriver en haut ;
  • Affrontez les vagues à un angle de 45 degrés. Cela aura le moins d’impact possible, ce qui non seulement réduira les risques que vous et votre équipage ayez le mal de mer, mais rendra le bateau plus stable et plus sûr à utiliser ;

“La mer est aussi profonde dans le calme que dans la tempête.”

Modifier votre parcours

  • Si vous avez le temps ou la possibilité, pensez à modifier votre parcours pour vous diriger vers des eaux abritées. Cependant, si une entrée dans un port est difficile, ce ne sera que plus dans des conditions orageuses et il peut être plus sûr de rester en eaux libres ;
  • Surveillez votre environnement. Par exemple : effectuez une vue à 360 degrés de l’eau autour du bateau toutes les 15 minutes. Surveillez l’évolution du vent au fil du temps afin de vous faire une idée si la tempête s’aggrave ou diminue ;
  • De plus, s’il y a quelqu’un de plus expérimenté que vous à bord, n’hésitez pas à céder le contrôle de la barre à cette personne. Les conditions orageuses ne sont pas un lieu de fierté ; la meilleure chose que vous puissiez faire pour vous-même et pour toute personne à bord avec vous est de demander à la personne la plus expérimentée de vous guider vers la sécurité ;

“Gardez le cap dans la tempête et tenez fermement la barre.”

  • Pompez vos cales à sec. Vous devrez peut-être répéter ce processus plusieurs fois au cours de mauvais temps, en fonction de sa gravité ;
  • Ne discutez pas sur les raisons pour lesquelles vous êtes tombé sur des conditions météorologiques inattendues;
  • Faites confiance à votre bateau. Les bateaux modernes sont construits en fibre de verre, ce qui les rend extrêmement flottants ;
  • Assurez-vous que tout le monde sur le bateau prenne le temps de se reposer, de manger et de se réchauffer ;
  • Restez calme. Cela est particulièrement avec les passagers. Les passagers se tournent toujours vers l’équipage pour assurer leur sécurité.

“Le bateau qui ne résiste pas à la première tempête n’est pas fait pour le voyage.”

Tactique utilisée en mauvais temps

Quelle que soit la tactique utilisée, on ne doit pas oublier de vérifier régulièrement sa position. Même lorsqu’on reçoit le vent toujours sous la même amure, on peut se retrouver à naviguer à l’opposé de son cap initial. Garder une bonne humeur en naviguant par gros temps peut vous aider à traverser à peu près toutes les conditions.

En fin de compte, tout l’art de la navigation en gros temps consiste à observer en permanence et avec attention son environnement maritime afin d’en évaluer les risques et les opportunités.

“La tempête est bonne fille, elle laisse toujours une chance au marin.”

Conseils lors d’accostage dans un port de plaisance

  • Arrimez les objets pouvant être transformés en projectiles et de retirer tous les éléments susceptibles d’augmenter la prise au vent (voile, tauds, bôme, éolienne, manches à air, etc.) ;
  • Rangez tout ce qui peut bouger à bord, dans la cabine et à l’extérieur dans des rangements sécurisés ;
  • Vérifiez que tous les hublots et panneaux de pont sont bien fermés pour éviter que votre bateau ne prenne l’eau ;
  • Sécurisez tout le matériel libre et assurez-vous que votre équipement d’urgence (comme les pompes ou les ancres flottantes) est à portée de main afin que vous puissiez l’atteindre facilement ;
  • Amarrez solidement votre bateau au ponton sur un point fort,
  • Doublez les amarres ;
  • Écartez votre bateau du quai et si possible des bateaux voisins ;
  • Pour amortir les chocs sur la coque et minimiser l’usure des cordages, placez des pare-battages ;
  • S’il s’agit d’une embarcation de petite taille, tirez-la hors de l’eau le plus loin possible du rivage et attachez-la à un endroit solide.

Conseils lors de mouillage dans une baie

  • Rangez tout ce qui peut bouger à bord, dans la cabine et à l’extérieur dans des rangements sécurisés ;
  • Vérifiez que tous les hublots et panneaux de pont sont bien fermés pour éviter que votre bateau ne prenne l’eau ;
  • Sécurisez tout le matériel libre et assurez-vous que votre équipement d’urgence (comme les pompes ou les ancres flottantes) est à portée de main afin que vous puissiez l’atteindre facilement ;
  • Doublez le mouillage sur l’avant; laissez le maximum de longueur de chaîne afin que les ancres s’accrochent, et ne mettez pas de mouillage à l’arrière pour permettre l’évitage ;
  • Si votre bateau est au mouillage sur un corps-mort; amarrez-vous sous la bouée et préférez le système de la patte d’oie pour améliorer la résistance.

Conseils lors de stationnement à sec

  • Rangez tout ce qui peut bouger à bord, dans la cabine et à l’extérieur dans des rangements sécurisés ;
  • Vérifiez que tous les hublots et panneaux de pont sont bien fermés pour éviter que votre bateau ne prenne l’eau ;
  • Sécurisez tout le matériel libre et assurez-vous que votre équipement d’urgence (comme les pompes ou les ancres flottantes) est à portée de main afin que vous puissiez l’atteindre facilement ;
  • Si le bateau est au sec sur ber; dans des lieux soumis à de forts coups de vent; il est préférable de l’assurer par des cordages ancrés au sol et de le démâter s’il s’agit d’un voilier ;
  • Vous pouvez également le mettre à l’abri dans un garage à bateau ou dans un chantier naval. Ils peuvent vous proposer de stocker le moteur de votre hors-bord dans un local adapté.

En conclusion

Dans un monde idéal, aucun d’entre nous n’aurait jamais à affronter le gros temps ou prendre la mer par mauvais temps; mais la réalité est que si vous voulez être sur l’eau, vous rencontrerez un temps misérable. Cela peut être horrible, mais une fois de retour à terre, vous aurez de belles histoires de combat à raconter.

La meilleure tactique pour surmonter un gros temps est … de ne pas tomber dedans !

Pour se faire, il faut éviter les saisons périlleuses; les régions réputées dangereuses; choisir les routes recommandées; éviter les mers risquées dans certaines conditions météo. Il est également recommandé d’éviter les endroits qui peuvent devenir impraticables par vent fort contre-courant ou par vent fort. Les ports au sein desquels les navires ne peuvent pas entrer dans toutes les conditions sont aussi à prohiber. Quelle que soit la tactique utilisée, il est important de toujours vérifier régulièrement sa position.

Entre dire et faire il y a la mer

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