Étapes et conseils pour réussir l’hivernage

S’il est soigneusement réalisé, l’hivernage maintiendra votre bateau en bon état et prolongera sa durée de vie.  L’hivernage est donc une étape à ne pas négliger. Que ce soit pour avoir l’esprit tranquille  ou pour votre porte-monnaie, il n’y a que des avantages à prendre soin de son bateau avant l’hiver.

Hiverner à flot ou Hiverner à sec :

Toute négligence des opérations nécessaires pour l’hivernage de bateau peut provoquer des dégâts importants à bord de celui-ci.  Voici les étapes indispensables pour bien hiverner votre bateau et quelques conseils  pouvant servir de base à cette préparation, que chacun adaptera selon son cas.

À sec:

Dans la mesure du possible, il est toujours préférable de sortir le bateau de l’eau notamment ceux qui n’ont pas de pompe de cale. De plus, pour les coques en polyester, des mises au sec régulières permettent au stratifié de sécher chaque année durant quelques mois et cela peut retarder l’éventuelle apparition d’un phénomène osmotique. “Les semi-rigides sont mieux stockés au sec, surtout ceux qui n’ont pas d’antifouling spécial flotteurs».

Le stockage à sec offre d’autres avantages. “Le bateau est protégé des tempêtes hivernales qui peuvent rompre les amarres et ne demande pas de contrôle régulier sur les pontons”, explique Sylvie.

Pour les plus grosses unités, il est conseillé de sortir son bateau de l’eau l’hiver au moins une fois par an.

A savoir :
  • Lors du grutage de mise au sec, le positionnement correct des sangles sur la coque est très important et il faut accorder une attention particulière à l’emplacement de l’arbre d’hélice, du sail-drive et des capteurs de passe-coque.
  • Le meilleur des hivernages se fera sous hangar, c’est plus coûteux mais cela conservera le bateau en très bon état.
  • Vérifier que le bateau est à niveau et que l’eau de pluie puisse s’écouler librement du pont et du cockpit.
À flots:

Pour les bateaux qui passent l’hiver à flot, une surveillance aussi régulière que possible est indispensable.

  • Contrôler le bon fonctionnement des pompes d’assèchement automatiques.
  • Bloquer la barre et installer suffisamment de défenses bien placées pour éviter tout risque d’avarie sur la coque.
  • Doubler les amarres, les protéger sur les zones de ragage avec des morceaux de flexible et contrôler périodiquement leur état. Installer éventuellement des amortisseurs d’amarres.
  • Fermer toutes les vannes de passe-coque. Contrôler l’état du presse-étoupe, du joint d’arbre d’hélice ou joint de sail-drive.

Il est également possible de faire hiverner son bateau sur un corps-mort, c’est-à-dire une bouée arrimée au large, mais c’est une procédure plus risquée du fait de l’exposition aux vents et aux courants. Elle nécessite un matériel adapté, solide et une vérification régulière.

Les étapes indispensables  pour un hivernage pro.

 Parfois l’hivernage est considéré comme une corvée rébarbative, cette opération chronophage et minutieuse est souvent effectuée en partie seulement, selon des idées parfois erronées. 

Vider votre bateau :

En effet, bon nombre d’équipements non intégrés au bateau pourraient malencontreusement ‘disparaître’ pendant l’hiver. Ne prenez pas de risque et emportez avec vous votre matériel

  • Retirer tout le matériel du bord (loisirs, sécurité et électronique portable) comme les gilets de sauvetage, la VHF, les palmes, etc.
  • Lister l’inventaire de sécurité et mettez-le à jour (date de péremption, usure…)
  • Retirer la sellerie, la nettoyez et la laisser sécher avant de la stocker dans un endroit sec.

Profitez-en pour vérifier leur date limite d’utilisation avant de les rincer puis de les stocker au sec.

Carénage :
  • Passer le karcher pour enlever les algues et coquillages ;
  • Carénage des presses ou du Z−drive ;
  • Contrôle de l’état de la coque (éclats de gel−coat, fixation moteur) ;
  • Contrôle de l’état des sondes du sondeur ;
  • Réaliser l’antifouling (avant la mise à l’eau)

Nota:  Le gelcoat est un matériau à base de résine thermodurcissable, utilisé pour fournir une haute finition et protection de la surface visible d’un matériau composite souvent composé de fibres variées. Outre son aspect esthétique et de finition (aspect lisse), c’est sa fonction d’étanchéité, c’est-à-dire qu’il permet de rendre étanche une stratification polyester qui ne l’est pas initialement, le gelcoat est notamment très utilisé dans le nautisme pour prévenir du phénomène d’osmose.

Nettoyage :
  • Un peu d’huile de coude, des produits adaptés, de préférence écologiques. Tout doit y passer : pont, console, coussins, drisses, intérieur et extérieur de votre bateau.
  • Pour l’intérieur, utilisez un nettoyant multi surface. Pour le pont, un produit nettoyant coque et pont est largement suffisant. Vous ne voulez pas un bateau qui brille sous sa bâche mais un bateau protégé.
  • Rinçage du pont : pare−brise, sièges, guindeau. Commencer le rinçage du point haut (baille à mouillage) vers le bas, pour que l’eau douce puisse rincer la cale et la soute du bateau. Pulvériser de la Javel si nécessaire et surtout laisser sécher.
Pont : 
  • Démonter le taud de descente et le bimini et comme pour les voiles, les stocker à l’abri après les avoir nettoyés ;
  • Nettoyer l’annexe et la stocker à l’intérieur ;
  • Débarquer l’armement de sécurité, le contrôler et en profiter pour faire réviser le radeau de survie. Rincer le mouillage à l’eau douce ;
  • Graissage de la poupée de guindeau, poulies, rails…
  • Les protéger au mieux après les avoir lubrifiés avec un produit non salissant. Protéger les afficheurs électroniques.
Voile :
  • Les rincer, sécher puis les plier soigneusement dans un local bien ventilé ;
  • Pour stocker les voiles, les rouler bien large, éviter de les plier et leur laisser de l’espace sans les superposer l’une sur l’autre afin de ne pas endommager la fibre ;
  • Le gréement courant (drisses, écoutes, balancines, bosses de ris, …) ne doit surtout pas rester à poste. Il faut l’enlever et le remplacer par des messages dans le mât pour prolonger sa durée de vie et son bel aspect ;
  • Rassembler le gréement courant au pied de mât et le protéger au mieux dans des sacs solides après l’avoir rincé et séché ;
  • Contrôler l’état du gréement dormant et lubrifier les ridoirs. Rincer et lubrifier les enrouleurs.
Intérieur : 
  • Ventiler le bateau et installer des déshumidificateurs. L’idéal restant une prise d’air basse et une évacuation haute pour assurer une ventilation naturelle (thermodynamique) minimum de l’habitacle.
  • Vider et nettoyer les coffres, les équipets et les réfrigérateurs ;
  • Les laisser ouverts pour une bonne ventilation ;
  • Soulever les planchers, nettoyer et sécher les fonds ;
  • Stocker les coussins dans un endroit sec. S’ils restent à bord, ils doivent être correctement ventilés sur toutes leurs faces ;
  • Déconnecter les appareils électroniques afin de les stocker au sec ;
  • Vidanger les réservoirs d’eau douce et le chauffe-eau ;
  • Hiverner le circuit d’eau douce et les wc marins avec un produit écologique et non toxique.
  • Vidanger le réservoir à eaux noires ;
  • Traiter les circuits électriques contre la corrosion.
  • Ouvrir toutes les portes et les coffres des unités habitables pour ventiler, ainsi que la porte du réfrigérateur.
  • Fixer et bien tendre le taud à sa place, afin d’éviter les poches d’eau, les rayures sur le gel−coat ou celles des sangles sur les boudins des pneus.
Fenêtres et hublots:

Eviter de les occulter avec des isolants minces réfléchissants ; cela risque de favoriser une humidité résiduelle et le développement de moisissures  dont vous aurez le plus grand mal à vous débarrasser. La lumière solaire étant bactéricide, il est dommage de se priver de son action ainsi qu’en hiver de l’accumulation de chaleur par effet de serre produite par les rayons rasants du soleil.

Moteur:

Le moteur est la partie de votre bateau la plus sensible. Cliquez-ici pour lire l’article: Conseils et étapes pour bien hiverner  et des-hiverner le moteur de votre bateau.

Batteries :

La meilleure solution est de les débarquer pour les stocker dans un lieu à l’abri de l’humidité et avoir la possibilité de les recharger. Si vous ne pouvez pas les débarquer, il est souhaitable de les contrôler et de les recharger une fois par mois. En effet une batterie au plomb déchargée à plus de 70% sera irréversiblement dégradée.

N.B : ne débranchez pas les batteries si votre pompe de cale y est reliée, elle ne remplirait plus ses fonctions.

Pompes:

Qu’elle soit directe ou couplée à une hydrophore, il faut absolument la purger totalement, le mieux étant de la démonter afin de ne laisser aucune trace d’eau entre les membranes intérieures (les derniers modèles sortis sont équipés d’un système de raccordement rapide qui facilite bien les choses…).

Réservoirs :
  • Réservoirs vidangés complètement d’abord avec la pompe de service, puis en ouvrant la purge située en point bas (si votre installation est conforme) ; à la nouvelle saison, vous en profiterez pour les rincer par exemple avec de l’eau vinaigrée pour éliminer d’éventuelles moisissures.
  • Une autre pratique consiste à ne les vider qu’à moitié pour permettre l’extension d’une éventuelle couche de glace, mais l’eau qui stagne dans les canalisations d’amenée vers la ou les pompes (et bien entendu les vannes d’arrêt) a de grandes chances de geler, avec les conséquences que l’on connaît….
  • Les vaches à eau sont vidées complètement ; il est conseillé de les rincer à l’eau vinaigrée avant leur remise en service.
Toilettes:

Il est nécessaire de vider les cuves à eaux noires dans une installation prévue à cet effet. Rajouter de l’eau douce pendant le processus ainsi qu’un nettoyant compatible (ex : nettoyant dégraissant universel à base de vinaigre d’alcool). Dernière étape, vider définitivement les cuves.

Vider au maximum en ayant fermé préalablement la vanne d’admission, puis vidanger complètement (ce qui n’est pas facile) ; remplir avec du liquide antigel (alcool pur de préférence ou antigel de plomberie, l’antigel automobile est toxique) et fermer la vanne du circuit de refoulement.

Chauffe-eau :
  • Vidanger, mais il existe des risques d’oxydation importants ;
  • Ou remplir avec un mélange eau + alcool, suffisamment titré (concentration en alcool).
Bâche:

Bâcher  votre bateau ne  semble pas une bonne solution (sauf à avoir des infiltrations notoires non encore traitées) ; en effet, cela empêche la structure de respirer, la lumière d’avoir son action bactéricide, et favorise la condensation sans lui laisser la possibilité de s’évaporer facilement sous l’action du vent et du soleil…

L’utilisation d’une bâche protège votre bateau des intempéries mais empêche l’évacuation naturelle de l’humidité. Aussi, si vous en utilisez une, installez-la de manière à ce que l’air puisse circuler afin d’éviter l’apparition de moisissures.

Aérer :

Il est important de vérifier le bon fonctionnement des ventilateurs ainsi que des aérateurs. Un déshumidificateur est une bonne idée. Il est préférable de laisser ouverts les coffres et placards pour favoriser au maximum la ventilation.

Conseils des professionnels pour bien hiverner votre bateau :

  1. Il faut toujours faire la partie motrice, mécanique et technique, avant le nettoyage du bateau. Pour celui-ci, il faut commencer par vider le bateau.
  2. La Javel, c’est magique, elle n’abîme pas le polyester ni les inox. Il faut tout rincer abondamment, mais aussi bien laisser sécher avant de mettre le taud, sinon, gare à la moisissure…
  3. Le bateau doit aussi être soigneusement rincé à l’eau douce, séché, puis protégé, recouvert d’un taud ou d’une bâche d’hivernage. S’il reste dehors pendant six ou neuf mois, il va se dégrader par l’action des UV, l’acidité des pluies ou des pollutions diverses.
  4. Il est important de retirer les selleries du bateau, les rincer, bien les nettoyer, éventuellement les talquer, et les stocker au sec.
  5. Le taud est aussi très important pour protéger le bateau. Seuls 20 % des plaisanciers en utilisent un, ce n’est pas assez.
  6. Ce qui est primordial sur un bateau à moteur, c’est d’avoir une carène propre et lisse, sans cela on peut perdre jusqu’à 20 % de performances. Il faut donc nettoyer la coque des coquillages et des algues.
  7. Dans les unités habitables, il est souhaitable de mettre un déshumidificateur, et d’en changer le bac tous les deux mois.

Conseils des professionnels pour bien hiverner votre bateau (suite) :

  1. Mettre les drisses dans un sac étanche est souvent recommandé. Dans ce cas, il faut vraiment éviter que l’humidité passe, sinon, elles ne sécheront pas. La solution de les laisser pendre à un support est tout aussi efficace.
  2. Il est judicieux d’installer une housse pour protéger la sellerie, le plastique et le bois des u-v et des salissures. Bien ajustée, elle ne doit pas être en contact avec le pont mais suspendue aux extrémités du bateau.
  3. La dépose des batteries est essentielle, il faut les mettre en charge avant de les stocker. S’il est impossible de les retirer du bac, il est nécessaire de retirer les cosses, et de les graisser, comme les plots. La batterie sera remise en charge 15 jours avant la remise à l’eau.
  4. Assurez-vous de la bonne fermeture/étanchéité des hublots, portes et panneaux de pont. Ne pas hésiter à doubler les amarres ainsi qu’à rajouter des pares-battages.
  5. Sécuriser votre amortisseur d’amarre en y ajoutant un morceau de chaîne entre cette dernière et le taquet du ponton afin de la retenir si un ressort venait à céder.
  6. Pensez à le lire attentivement le manuel du propriétaire, le constructeur offre beaucoup d’informations, de conseils et d’illustrations relatifs à l’entretien et à l’hivernage du bateau.
  7. Consultez votre chantier ou votre fournisseur d’accastillage pour savoir les conseils concernant les produits et lubrifiants d’hivernage et les produits de nettoyage et d’entretien du bateau,
  8. Enfin, comme l’idée générale de l’hivernage est de préparer le bateau pour la saison suivante, il faut bien nettoyer les Plexiglas, et bien polir les inox (à l’aide de pâtes en évitant les acides, agressifs…). Un particulier averti et soigneux pourra effectuer lui-même la plupart de ces opérations.

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