Nautisme au Maroc

Les bons gestes en situation de détresse en mer

En mer, on est loin de tout. En cas de situation de détresse en mer ou d’urgence, l’équipage d’un bateau est obligé de compter sur lui-même, avant toute chose. Le plus important est de sécuriser l’équipage et de prévenir les secours, au mieux. Pour cela, il faut éviter de paniquer.

Sachez que les bons réflexes, dans l’espoir de réduire les situations à risques se résument au minimum, pour les activités nautiques classiques, à ces trois mots : PAE

  • Préparation,
  • Équipement,
  • Alerte.

Alors voici les  bons gestes pour assurer votre sécurité en cas de détresse en mer.

Être bien préparé

  • Faire l’inventaire
  • Faire les contrôles techniques de base
  • Essai VHF
  • Bien avoir préparé sa navigation
  • Étudier soigneusement la carte
  • Connaissance de la météo et évolution
  • Danger local, relief, courant, etc.…
  • Ranger le bateau avant appareillage
  • Briefing sécurité avant appareillage
  • Mettre les gilets si possibles
  • En navigation : Observer / Anticiper / Surveiller.

Protéger l’équipage

La première chose à faire en cas de situation de détresse en mer est de protéger l’équipage. Chaque équipier doit être en mesure de passer ce moment le plus sereinement. Cela signifie que tout l’équipage doit :

  • Mettre un gilet de sauvetage et être attaché, grâce au harnais.
  • Garder son sang-froid (pour cela bien connaitre les procédures d’urgence).

Rassurer l’équipage

Rassurer l’équipage est indispensable. Bien évidemment, je ne dis pas qu’il faut tenter de le rassurer avec des bonnes blagues. Non, rassurer l’équipage consiste à bien expliquer la situation, expliquer ce que chacun doit faire et les actions mises en place. Enfin, il est important de tenir les équipiers au courant de la situation, régulièrement.

Alerter – le MRCC (si urgence)

  • VHF canal 16 (préparer le message avant : Position GPS, Nom et description du bateau, Nombre de personnes à bord et leur état de santé, Nature de l’avarie, demande d’assistance ou pas). La VHF a le gros intérêt de pouvoir informer, dans le même temps, les bateaux naviguant sur zone.
  • TEL aux numéros 212 5 37 625877 (emergency) Alternate: 212 5 37 625897 (si la VHF ne fonctionne pas)

 

Donner les bonnes informations au MRCC

Afin d’améliorer la prise en charge des secours en cas de situation de détresse en mer, vous devez donner plusieurs éléments au CROSS :

  • Position GPS
  • Nom et description du bateau
  • Nombre de personnes à bord et leur état de santé
  • Nature de l’avarie
  • Demande d’assistance ou pas.

Secourir

  • Le chef de bord doit montrer qu’il maîtrise → gardé son sang froid
  • Prioriser les actions
  • Organiser les actions, ranger le bateau
  • Tenir le MRCC informé des évolutions.

Organiser le bateau

En cas de situation de détresse en mer, il est très important de sécuriser au mieux le bateau. Sur un voilier, cela consiste à ranger tout ce qui est inutile. Une météo défavorable ou la casse d’un matériel, va entraîner des moments de précipitations. Il est donc important de sécuriser le bateau. En cas de météo ingérable, cela va consister à ranger les bouts, tout ce qui traîne sur le pont ou dans le cockpit et qui peut devenir un danger. Lors d’un démâtage, tout doit être coupé afin que ce qui est dans l’eau ne soit pas un danger.

Les procédures d’urgence et de détresse

Le respect des procédures est essentiel pour la sécurité de la navigation.

  • PANPAN PANPAN PANPAN – Message d’urgence concernant la sécurité du navire ou de personnes à bord.
  • MAYDAY MAYDAY MAYDAY – Message de détresse : danger grave et imminent indiquant un péril pour le navire et tous ses occupants, demande d’assistance immédiate.

Ces messages doivent également préciser :

  • le nom du navire répété 3 fois
  • la position du navire
  • la cause de l’appel
  • les secours demandés et les intentions des passagers.

Le message doit être répété jusqu’à accusé de réception.

Pour information sachez que la convention des Nations Unies dur le Droit de la mer stipule

Dans l’article 98 (Obligation de prêter assistance) que tout État exige du capitaine d’un navire battant son pavillon que, pour autant   que cela lui est possible sans faire courir de risques graves au navire, à l’équipage ou aux passagers :

Il prête assistance à quiconque est trouvé en péril en mer ;

  • il se porte aussi vite que possible au secours des personnes en détresse s’il est informé qu’elles ont besoin d’assistance, dans la mesure où l’on peut raisonnablement s’attendre qu’il agisse de la sorte ;
  • en cas d’abordage, il prête assistance à l’autre navire, à son équipage et à ses passagers, et, dans la mesure du possible, indique à l’autre navire le nom et le port d’enregistrement de son propre navire et le port le plus proche qu’il touchera.

Peut-on boire l’eau de mer ?

Si vous êtes perdu en pleine mer, sans nourriture ni eau et que vous mourrez de soif, vous seriez probablement tenté de boire de l’eau de mer : après tout c’est de l’eau. Et bien sachez qu’en faisant cela, vous aggraveriez votre cas, vous risquez au contraire de vous déshydrater. En ne buvant que de l’eau de mer, on finit par se déshydrater complètement et par mourir plus rapidement que si on ne buvait rien.

Alors oui, je sais, étant Ex-capitaine de vaisseau de la Marine Royale, c’est plus facile à écrire sur un clavier qu’à faire, en mer. Pourtant, appliquer les bons gestes permet de conserver un esprit serein, à bord et faciliter l’arrivée des secours. 

Enfin pas de panique ! Si vous devez sauter dans le radeau de survie, malgré toutes les précautions énoncées ci-dessus, souvenez-vous qu’un homme est resté  13 mois à la dérive et a survécu ! Prêt à relever le défi ?

 

Voir aussi la sécurité en navigation à bord d’un bateau de plaisance

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