Nautisme au Maroc

Manœuvre d’homme à la mer (MOB)

La manœuvre d’homme à la mer est une procédure de repêchage utilisée en mer lorsqu’une personne est tombée d’un navire. C’est une manœuvre complexe qui nécessite une très bonne coordination de l’équipage et une mise en pratique rigoureuse des différentes étapes.

Lorsqu’une personne tombe à l’eau, chaque second compte. Or plus le stress est grand, plus il est difficile d’agir efficacement.

Le seul moyen d’acquérir les bons réflexes est donc de s’entraîner systématiquement à récupérer un homme à la mer dans les conditions de mer et de vent  les plus variées possibles.

Les mesures  à prendre en cas d’homme à la mer :

  • Faites sonner l’alerte ; mettez la barre toute du bord où la personne est tombée à l’eau ; arrêtez les machines ;
  • Lancer immédiatement à l’homme à la mer la bouée fer à cheval et le feu à retournement ;
  • Alerter les autres membres d’équipage en annonçant fort et clair « UN HOMME A LA MER ! » ;
  • Garder un contact visuel permanent avec l’homme à la mer, c’est souvent celui qui a vu l’homme à la mer chuter  et hisser le pavillon O (Oscar) ;
  • Appuyer sur la touche MOB du GPS pour mémoriser la position géographique de la chute ;
  • Alerter les secours par un appui prolongé sur la touche Distress de la VHF et par un appel vocal de détresse sur le canal 16 ;
  • Manœuvrez prudemment le navire pour aller repêcher la personne ;
  • Soyez prudent lorsque vous ramenez la personne à bord – il est souvent arrivé que des sauveteurs soient entraînés dans l’eau par la personne qu’ils essaient de repêcher.

Le chef de bord doit

Le chef de bord doit ensuite décider de la manœuvre de récupération la mieux adaptée aux contraintes de la situation, telles que l’état de :

  •  l’homme à la mer (conscient, blessé, inconscient…)
  • la mer et du vent.
  • bateau.
  • capacité de l’équipage à manœuvrer.

Le chef de bord choisit alors la meilleure option possible compte tenu de ces contraintes pour engager la manœuvre avec le souci d’éviter tout risque de sur accident et de sécuriser la remontée à bord de l’homme à la mer.

Outre la méthode de récupération à l’aide d’une élingue de sauvetage

Outre la méthode de récupération à l’aide d’une élingue de sauvetage, il en existe deux autres qui permettent de repêcher une personne. La manœuvre d’Anderson ou celle du virage unique est la plus rapide, mais doit être effectuée par un patron très habile et un navire dont le cercle de virage est très petit. La manœuvre de Boutakov ou de Williamson est moins rapide, mais plus facile. Cette manœuvre est recommandée s’il y a danger de perdre de vue la personne dans l’eau.

Différentes méthodes selon la situation

Il est important de comprendre que la personne tombée à l’eau va subir l’effet du courant. En conséquence, suivre la trace inverse de la route fond d’un GPS n’est pas une bonne idée s’il y a du courant. Cette solution est malgré tout intéressante si vous pouvez revenir rapidement sur les lieux.

Le succès de la méthode dépend d’un éventail fluctuant de contraintes environnementales, humaines et matérielles dont l’évaluation relève de l’entière responsabilité du capitaine. Il est évident que les conditions météorologiques extrêmes peuvent compliquer fortement  la récupération de l’homme à la mer.

1: Manœuvre Anderson (Anderson Turn) :

Cette manœuvre d’homme à la mer doit être effectuée uniquement si l’officier de quart ou le pointeur (personne qui pointera tout le temps la personne tombée à l’eau) est certain de ne pas perdre de vue l’homme à la mer pendant tout le temps de la giration du navire.

Elle consiste à effectuer un tour complet pour revenir sur la personne à l’eau. Le sens est déterminé par le principe qui guide le barreur à pousse la barre du côté où est tombée la personne (ce qui évite tout contact avec l’hélice).

La manœuvre d’homme à la mer la plus rapide

Il s’agit de la manœuvre d’homme à la mer la plus rapide, puisqu’un seul changement de barre est réalisé afin de d’effectuer un tour complet de 360 degrés. Mais elle requiert une excellente connaissance des qualités manœuvrières du navire ainsi qu’une très bonne maîtrise de sa vitesse, afin de déterminer avec précision le moment où l’on doit stopper la giration et les machines (ou manœuvrer les voiles), afin de s’arrêter au niveau de la personne sans la dépasser ni avoir à battre en arrière.

Etapes de la Manœuvre d’Anderson :

  1. Mettez la barre toute du bord où la personne est tombée (par exemple, si la personne est tombée à tribord, mettez la barre toute à tribord). Arrêtez le moteur.
  2. Lorsque la personne est suffisamment éloignée du navire, mettez en avant tout en braquant à fond le gouvernail.
  3. Lorsque vous avez parcouru à peu près les deux tiers du virage, battez en arrière aux deux tiers de la puissance du moteur ou à plein régime. Arrêtez le moteur lorsque la personne se trouve à 15º sur l’avant de l’étrave. Redressez la barre et battez en arrière au besoin.
  4. Amenez l’embarcation au vent de la personne, immobilisez le bateau lorsque la personne se trouve le long du bord, à bonne distance des hélices.

(Plusieurs variantes de cette manœuvre sont possibles selon les caractéristiques du bateau et l’état de la mer.).

2:Manœuvre en battant en arrière :

C’est la manœuvre d’homme à la mer la plus simple. Il s’agit de s’arrêter le plus tôt possible pour récupérer l’homme tombé à la mer. Elle peut s’avérer dangereuse à cause de l’hélice. De plus, sur les navires de fort tonnage, la distance d’arrêt peut être très grande.

Cette manœuvre est à privilégier lorsqu’un navire a peu d’espace pour manœuvrer (chenal, DST fréquenté, fleuve…)

Aux faibles vitesses cette manœuvre peut être la plus rapide et la plus efficace pour récupérer un homme tombé à la mer. Mais elle reste dangereuse à cause de l’hélice et doit être utilisée en connaissance de causes.

3:Manoeuvre de Boutakov (Williamson Turn)

Dans le cas d’un signalement très tardif d’une chute ou d’une suspicion de chute à la mer, le bord d’amorçage du demi-tour n’a aucune importance puisque l’allure machine ne sera pas réduite. S’il s’agit d’une manœuvre de récupération immédiate, il vaut mieux l’amorcer du côté sous le vent et remonter nez dans le vent tout en commençant à réduire l’allure.

Cette manœuvre dont le nom provient de l’amiral Boutakov. Celle-ci est la plus classique pour revenir dans son sillage lorsqu’un homme est tombé à la mer. Elle permet de garder un contact visuel avec l’homme.

Dans la pratique, cette opération n’est utile que sur les grands navires si l’on voit assez tôt la chute, d’une position plutôt située sur l’avant. Dans les autres cas, la victime sera déjà dans le sillage du navire avant qu’on ait pu réagir. Cette méthode permet également de tenter de récupérer un homme tombé à la mer dans les quelques heures qui précèdent la manœuvre.

La manœuvre qui devrait être privilégiée

C’est la manœuvre qui devrait être privilégiée en mer en l’absence de repère spatio-temporel (nuit, visibilité réduite, stress intense…)

  1. Dans un premier temps, il faut mettre de la barre du côté où est tombé l’homme à la mer pour le protéger d’un contact avec l’hélice.
  2. Lorsque la personne est suffisamment éloignée du bateau, mettez en avant tout en braquant à fond le gouvernail.
  3. Lorsque le bateau est environ à 60º de la route originale, mettez immédiatement la barre toute de l’autre bord. (60º convient pour beaucoup de bateaux, mais c’est à l’expérience que l’on doit déterminer la mesure exacte).
  4. Continuez le virage jusqu’à ce que le bateau soit à 180º de la route primitive (par exemple, si cette route était au 90º, mettez le cap au 270º après le virage).
  5. Une fois sur le cap opposé à l’initial, il convient de se présenter au vent de la personne à récupérer.
  6. Amenez le bateau au vent de la personne; immobilisez l’embarcation lorsque la personne se trouve le long du bord à bonne distance des hélices.
4: Manœuvre de Scharnow :

La manœuvre de Scharnow est la manœuvre de Boutakov inversée, son avantage est que l’on garde plus longtemps le naufragé en vue. La manœuvre se déroule ainsi :

  1. On donne de la barre pour faire tourner le navire de 240 degrés.
  2. Remettre la barre à zéro et immédiatement de l’autre bord pour faire décrire au navire une évolution dans l’autre direction de 60 degrés.
  3. Redresser le gouvernail pour mettre la barre à zéro.
5: Manœuvre Quick turn (Quick stop):

Le Quick turn est une méthode récente comparée à la méthode en 8, de la ralingue et celle de la cape. Elle inclut une étape d’empannage, ce qui peut être dangereux avec des débutants concentrés sur leur copain à l’eau et oubliant la bôme ou peu à l’aise avec la manipulation de la GV. Comme toutes les manœuvres, il faut la décomposer pour la comprendre et la répéter pour pouvoir la refaire sans stress additionnel.

C’est la manœuvre d’urgence  traditionnelle pour récupérer un homme à la mer sur un voilier. Malgré de nombreuses nouvelles approches, c’est toujours une stratégie solide et souvent la meilleure méthode. Certes, lorsque l’équipage est en désavantage numérique, ou lorsque le navire est par gros temps, la méthode quick turn rapide a beaucoup de mérite car elle évite un empannage.

Caractères déterminant de la méthode Quick Turn :

  • La vitesse du navire est immédiatement réduite ;
  • L’empannage est réalisé en sécurité (pas de balayage de la bôme) ;
  • La distance entre le navire et l’HLM est toujours faible (environ 50 mètres) ;
  • Elle peut être réalisée par un vent de 35 nœuds dans une mer forte ;
  • Elle peut être effectuée depuis toutes les allures ;
  • Le temps d’exécution moyen est inférieur à 2 minutes ;
  • L’étrave du navire ne menace jamais l’HLM ;
  • Le contact avec l’HLM est évité ;
  • L’approche de l’HLM s’effectue au vent du navire ;
  • Elle peut être pratiquée en équipage réduit ;
  • Des erreurs en cours d’exécution peuvent être rattrapées ;
  • Son apprentissage est aisé.

Sur un voilier, il comprend les étapes suivantes :

1 : Alerte ” Homme à la mer ! “, l’équipage est mobilisé.

Remontée au vent :

2 : Le barreur lofe pour amener rapidement le navire face au vent. La perche de repérage et son dispositif de flottabilité associée sont jetés. Un témoin “Pointeur” tend son bras en permanence vers l’homme à la mer et ne le quitte pas des yeux.

3 : Le moteur est démarré et embrayé. Les voiles sont bordées dans l’axe. Le barreur maintient le bateau face au vent en s’aidant du moteur. Les brassières sont capelées, tous s’attachent.

4 : Le barreur contrôle la position du navire par rapport à l’homme à la mer. Le barreur force le navire à virer de bord en s’aidant du moteur pour l’amener au vent de travers.

Vent de travers :

5 : Le barreur maintient sa route au travers pendant 2,5 longueurs depuis sa position au vent de l’homme à la mer en s’aidant au moteur.

Vent arrière :

6 : Le barreur vient au vent arrière toutes voiles bordées et affine sa trajectoire pour passer à 2,5 longueurs de l’homme à la mer par son travers.

7 : La voile d’avant est affalée ou roulée. Un équipier prépare le dispositif de rétablissement du lien et de remontée à bord.

8 : Le barreur empanne dès que la voile d’avant est affalée ou roulée sans altérer notablement sa trajectoire.

Trajectoire finale :

9 : A partir du travers de l’HLM, la grand-voile est choquée en grand. Le barreur suit une trajectoire progressivement arrondie et lofe pour approcher au bon plein la tangente du cercle de sécurité (entre 1 m et 10 m) en s’aidant au moteur.

10 : Le barreur régule l’allure au moteur pour maintenir un angle entre 35 à 45° du vent et s’arrêter. L’HLM doit être au niveau de la plage avant à la distance déterminée par le cercle de sécurité. Un équipier, depuis la plage avant, lance le dispositif de rétablissement du lien et de remontée à bord au vent et au-delà de l’HLM.

Le lien est rétabli :

L’HLM saisit le lien, se laisse glisser jusqu’à l’extrémité du dispositif et accroche le mousqueton sur l’anneau ventral de sa brassière. Le moteur est débrayé, la grand-voile est affalée. Le moteur est arrêté.

 6:Race Track Turn (180°)

L’approche finale en ligne droite permet des manœuvres plus précises lorsque vous devez faire face à des contraintes dues à la circulation ou aux grandes mers.

  1. Utilisez la barre à fond pour vous tourner vers la victime jusqu’à ce que vous vous dirigiez sur le cap inverse ;
  2. Stable sur le compte réciproque: aller ou bien au-delà de la victime au besoin pour une approche propre.
  3. Tournez la barre à fond vers la victime.
  4. revenez au cap initial ; approchez et récupérez la victime.

Conseils pour éviter les accidents en mer :

  • S’accrocher à la ligne de vie ou autres points fixes solides ;
  • Bien respecter les règles de  déplacement à bord ;
  • Rester dans le cockpit et limiter les manœuvres à risque par gros temps ou la nuit ;
  • Ne pas hésiter à uriner à genou pour les hommes.
  • Garder le calme à bord ;
  • Rappeler la procédure étape par étape à l’équipage ;
  • Pas de précipitation, pas de panique ;
  • S’entrainer à minima chaque saison avec votre équipage pour que la manœuvre soit une simple routine banale au même titre qu’un virement de bord bien coordonné.

À avoir sur soi « au cas où »

  • Brassière auto percutante, munie d’un sifflet et de dispositifs réfléchissants ;
  • Flashlight avec des piles neuves ;
  • Moyen de communication étanche (VHF ou portable) ;
  • Miroir de détresse (aussi appelé miroir de signalisation ou sécurité).

N’hésitez pas à nous écrire pour nous transmettre vos impressions et vos remarques.

Lire aussi: Procédures des polices maritimes des frontières  

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