Navigation par visibilité réduite 

En cas de navigation par visibilité réduite et dès que la brume tombe, l’incertitude devient très grande sur un bateau. Du fait que vous ne voyez plus grand-chose, il vous faut immédiatement prendre certaines précautions : réduire la vitesse du bateau, être à l’écoute des bruits et employer vous-même la corne de brume pour signaler votre présence. Le risque principal est d’entrer en collision avec un autre bâtiment. Si vous êtes sur le point d’entamer un atterrissage, la plupart du temps il vaut mieux y renoncer.

La différence entre brume et brouillard

En réalité, brume et brouillard sont un seul et même phénomène : on parle de brume lorsque la visibilité est comprise entre 1 et 5 kilomètres, de brouillard lorsqu’elle est inférieure à un kilomètre.

Il s’agit de la suspension dans l’atmosphère de très petites gouttelettes d’eau réduisant la visibilité au sol. Les gouttelettes d’eau sont maintenues en suspension par les mouvements turbulents de l’air. Ainsi, la brume ou le brouillard sont en fait un nuage dont la base touche le sol.

Pour que le brouillard (ou la brume) se forme, le taux d’humidité de l’air doit être suffisamment élevé et le vent ne doit pas être trop fort.

Opérateur d’une embarcation de plaisance

En conduisant un bateau à grande vitesse, la distance de freinage augmente considérablement. Il importe donc d’être très attentif en cas de navigation par visibilité réduite, car le temps de réaction en est autant diminué. L’opérateur doit faire preuve d’une plus grande attention en effet, il dispose de moins de temps pour réagir aux conditions environnantes.

Pour cela, une embarcation doit toujours être conduite de façon à en garder le plein contrôle afin d’éviter les risques d’abordage, risquant ainsi des blessures ou même des pertes de vie à bord.

Ajoutant à cela, l’opérateur d’une embarcation de plaisance doit en tout temps naviguer prudemment à une vitesse telle que le sillage et le remous ne produiront aucun effet néfaste sur :

  • les autres navires, notamment les navires au mouillage, les navires échoués, les épaves, les remorqueurs, les chaloupes ou les canots ;
  • les aménagements devant lesquels passes l’embarcation, notamment le rivage, les quais, les quais flottants ou les terres humides ;
  • les autres utilisateurs des voies navigables, dont les nageurs ;
  • les zones de plage récréative, les secteurs où travaillent des plongeurs ou les zones de mouillage.

Il ne faut pas oublier que l’opérateur d’une embarcation de plaisance naviguant à l’intérieur ou à proximité d’une zone de visibilité réduite n’étant pas, conséquemment, en vue d’autres navires, est tenu de naviguer à une vitesse sécuritaire adaptée aux circonstances et aux conditions de visibilité réduite.

Éviter une collision avec un autre bateau

Tout navire doit en permanence assurer une veille visuelle et auditive appropriée, en utilisant également tous les moyens disponibles qui sont adaptés aux circonstances et conditions existantes, de manière à permettre une pleine appréciation de la situation et du risque d’abordage avec une autre embarcation.

  • La veille visuelle est vitale dans le brouillard, non seulement pour vous rassurer que vous voyiez d’autres bateaux qui peuvent être proches, mais c’est aussi une exigence légale sous les Colregs. La Règle 5 stipule : « Tout navire doit en tout temps maintenir une surveillance adéquate par la vue et l’ouïe ainsi que par tous les moyens disponibles.»
  • Pour améliorer la sécurité dans le brouillard, rendre votre bateau aussi visible que possible. Allumez vos feux de route et toutes les autres lumières brillantes sur le pont, car ces éclairages pourraient apparaître dans le brouillard beaucoup mieux que le bateau lui-même, surtout la nuit. Un réflecteur radar vous donnera une meilleure chance d’être vu par le radar des autres navires.
  • Tout navire peut, s’il juge nécessaire d’appeler l’attention d’un autre navire, émettre des signaux lumineux ou sonores. Tant de jour que de nuit, à l’intérieur ou à proximité d’une zone où la visibilité est réduite, une embarcation de plaisance à propulsion mécanique qui navigue doit faire entendre un son prolongé.

Aussi

  • Si le bateau est arrêté, mais pas à l’ancre, il doit faire entendre, à des intervalles ne dépassant pas deux minutes, deux sons prolongés séparés par un intervalle de deux secondes environ. En cas de difficulté, il vous reste l’ultime mais sage solution qui consiste à mouiller en attendant que la brume se lève plutôt que de finir bêtement sur les cailloux !
  • Si vous disposez d’un radar et d’un GPS en bon état de marche, vous pouvez imaginer rentrer au port grâce à ces instruments. En leur absence ou même simplement pour éviter tous risques inutiles, la méthode consistant à suivre une ligne de sonde reste très sécurisante. Pour ce faire il faut d’abord faire le choix de la ligne de sonde sur la carte qui vous amènera au plus près de votre port d’attache.
  • L’électronique doit rester une aide à la navigation que l’on doit en permanence confronter à une simple navigation à l’estime à laquelle il est toujours conseillé de s’astreindre comme l’ont fait, avant nous, des milliers de navigateurs dans les siècles passés…

Voici les règles de réciprocités à connaître en cas de navigation par visibilité réduite , que l’on soit en navigation sur un navire à voile ou un navire à moteur. D’autre part, que doit-on faire en cas de non-visibilité ?

Règle 19 : Conduite des navires par visibilité réduite 

  1. a) La présente règle s’applique aux navires qui ne sont pas en vue les uns des autres et qui naviguent à l’intérieur ou à proximité de zones de visibilité réduite.
  2. b) Tout navire doit naviguer à une vitesse de sécurité adaptée aux circonstances existantes et aux conditions de visibilité réduite. Les navires à propulsion mécanique doivent tenir leurs machines prêtes à manœuvrer immédiatement.
  3. c) Tout navire, lorsqu’il applique les règles de la section I de la présente partie, doit tenir dûment compte des circonstances existantes et des conditions de visibilité réduite.

Aussi

  1. d) Un navire qui détecte au radar seulement la présence d’un autre navire doit déterminer si une situation très rapprochée est en train de se créer et/ou si un risque d’abordage existe. Dans ce cas, il doit prendre largement à temps les mesures pour éviter cette situation ; toutefois, si ces mesures consistent en un changement de cap, il convient d’éviter, dans la mesure du possible, les manœuvres suivantes :

– i) un changement de cap sur bâbord dans le cas d’un navire qui se trouve sur l’avant du travers, sauf si ce navire est en train d’être rattrapé ;

– ii) un changement de cap en direction d’un navire qui vient par le travers ou sur l’arrière du travers.

  1. e) Sauf lorsqu’il a été établi qu’il n’existe pas de risque d’abordage, tout navire qui entend, dans une direction qui lui paraît être sur l’avant du travers, le signal de brume d’un autre navire, ou qui ne peut éviter une situation très rapprochée avec un autre navire situé sur l’avant du travers, doit réduire sa vitesse au minimum nécessaire pour maintenir son cap. Il doit, si nécessaire, casser son erre et, en toutes circonstances, naviguer avec une extrême précaution jusqu’à ce que le risque d’abordage soit passé.

 

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Lire aussi : Signalisation maritime

 

N’hésitez pas à nous écrire pour nous transmettre vos impressions et vos remarques, car vos remarques sont une chance pour nous.

Spread the love

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

un + dix-neuf =

error: Content is protected !!